Come back de Lili Sans-Gêne…

Question de Lili Sans-Gêne :

« Les moines vivent coupés du monde : ils vivent entre les murs de leur abbaye, ils ne savent pas ce qui se passe dans le monde, ils vivent sur une autre planète. C’est un peu facile de se couper de toutes les souffrances du monde pour vivre tout seul avec son petit Dieu d’amour… »

Réponse du Père Guillaume :

« Les monastères sont comme une société sans classes, sans privilèges, sans rejet des vieux par les jeunes et vive versa. C’est vrai que ça change du monde où chacun est enfermé dans une petite case ! Quant à venir au monastère pour se couper des souffrances, tu sais, la souffrance, elle est au cœur de toute vie d’homme et de femme : maladies, désillusions, échecs, deuils, etc. Nous en vivons comme tout le monde. La seule différence, c’est sans doute que nous les partageons avec d’autres, nos frères et sœurs de communauté : pas de loin, à travers un SMS de soutien ou une larme versée devant les infos. Non, la souffrance, nous la vivons au jour le jour, ensemble, simplement, humainement, au coude à coude, au cœur à cœur, sans faire de chichis. Par ailleurs, les moines sont en réalité bien plus au courant de ce qui se passe dans le monde que ceux qui y vivent. Nous lisons les journaux, mais autrement, avec un peu de recul. Au lieu que cela nous déprime, comme c’est le cas pour beaucoup de monde, nous offrons toutes ces souffrances du monde, ces cris des hommes à Dieu, dans la confiance et la foi. Donc être éloigné du monde ne signifie pas en être coupé, ou être indifférent. C’est tout le contraire… »

 

Source de l’interview : L’1visible, n° 72 (juillet – août 2016)

Source de l’image : Dessin de Sr Godelieve De Herdt (Hurtebise)

 

 

A bientôt, avec une nouvelle question!

Ce n’est pas inquiétant de vivre dans un milieu non-mixte?