L’appel au Carmel est une histoire d’amour

Notre vie… partagée entre la prière, le travail et la vie fraternelle, donne cependant la plus large place à la prière, appelée à habiter les moindres instants de nos journées et même de nos nuits car, dit le psaume, «Je dors mais mon cœur veille».

La vie de prière comporte deux pôles principaux :

  • le pôle liturgique : unies à l’Église universelle, nous présentons communautairement à Dieu nos demandes, nos supplications, notre action de grâce et nos louanges, portant l’humanité tout entière par le biais des offices organisés dans le bréviaire par l’Église. L’Eucharistie quotidienne nous unit au Christ et fait de nous son Corps, son Peuple, car elle unit en lui tous les chrétiens.
  • le pôle de la prière personnelle, fort mis à l’honneur dans la tradition carmélitaine.
    Deux heures d’oraison, l’une le matin, l’autre le soir, réunissent les sœurs à la chapelle mais cette fois pour un entretien silencieux et intime avec le Seigneur. Ces temps de rencontre personnelle avec la Trinité sainte vont peu à peu et, souvent à notre insu, vivifier tout ce qui constitue notre vie de carmélite.

De fait, l’existence humaine exige aussi une part de travail. Dans notre cas, il se vit entièrement dans le monastère ; sauf dans des cas exceptionnels, nous ne sommes pas appelées à un apostolat organisé, même à l’intérieur de nos murs. Ceci afin de préserver non seulement le caractère de silence et de solitude du Carmel, mais également la clôture à laquelle nous nous sommes engagées. Notre travail doit donc être compatible avec ces données.

Entretien du monastère : lessive, cuisine, jardinage, soins des sœurs âgées et malades… et, dans la mesure du possible, travail rémunéré (reliure, fabrication des hosties, lessives pour des paroisses, travaux de couture…) permettant aux communautés de subvenir à leurs besoins.

La réformatrice du Carmel, sainte Thérèse d’Avila (Sœur, 16ème siècle), a voulu pour «ses filles» un genre de vie fraternel. Le nombre de sœurs est relativement réduit ; actuellement, notre communauté compte onze sœurs. Ce nombre restreint permet à chacune de se connaître et de vivre dans un climat familial. A cet effet, la Madre a prévu des temps de détente commune, appelés «récréations», permettant d’avoir de libres échanges. La diversité d’âges et, dans notre cas, de nationalités – belge, malgache et lettonne – enrichissent ces rencontres. Si la vie fraternelle est à ce point importante, c’est parce qu’elle met en action la grande vertu de la charité. Or cette vie d’amour mutuel jointe à un réel souci du monde, nourrit à son tour notre prière, notre oraison, colloque aimant avec le Seigneur.

Cette description serait incomplète sans la mention de l’heure de lecture spirituelle par laquelle, chaque jour, nous nous mettons à l’écoute de la Parole de Dieu et des écrits qui s’en inspirent, aliment indispensable pour l’âme.

Enfin, nous nous réunissons chaque semaine afin de traiter de questions spirituelles ou temporelles ou ayant trait aux deux domaines.

Comment se décide-t-on à entrer au Carmel et surtout à y rester ?

Chaque histoire est différente : si certaines ressentent dès l’enfance un attrait pour la vie contemplative, d’autres ne découvriront cet appel que plus tard, parfois après un cheminement difficile.

La vocation à la vie religieuse contemplative (et, dans notre cas, carmélitaine) est un appel du Seigneur à ne vivre que pour Lui, à travailler avec Lui à sa moisson pour le Royaume, cachées mais fécondes par sa seule grâce.
L’appel au Carmel est une histoire d’amour ; amour reçu du Seigneur et amour donné en retour. Si les moments d’épreuves, de sécheresse ne manquent pas dans la vie d’une carmélite, elle sait cependant qu’ils font partie de l’amour ; que rien ne s’y perd.

Pour conclure, je citerai l’une ou l’autre phrase de la bien connue «Petite Thérèse», sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (1873-1897). Mieux que moi, elle nous dira le feu qui brûle au cœur d’une carmélite ; le feu de Dieu qui n’est qu’Amour pour chacun de nous et pour tout homme.

«Voici ma prière : je demande à Jésus de m’attirer dans les flammes de son amour.»

«Jésus ne regarde pas autant à la grandeur des actions ni même à leur difficulté qu’à l’amour qui fait faire ces actes.»

Aux saints, «Le Tout-Puissant a donné pour point d’appui : Lui-même, et Lui seul. Pour levier : l’oraison, qui embrase d’un feu d’amour, et c’est ainsi qu’ils ont soulevé le monde.»

 

Sœur Françoise

Carmel de Louvain-la-Neuve

 

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