Nicolas Favart, famille Marie-Jeunesse

Un chemin étonnant…

Notre défunt pape, le bien-aimé Jean-Paul II, parlait de sa vocation comme d’un don et d’un mystère. Il en est ainsi, me semble-t-il, de toute vocation. La mienne n’échappe pas à la règle. C’est mû par ce mystère que j’ai choisi de prononcer des engagements définitifs au sein de la Famille Marie-Jeunesse. L’étape de la consécration définitive se situe dans la continuité de ce chemin étonnant qui m’a fait passer du métier d’avocat à la vie religieuse.

Mon aventure spirituelle s’enracine dans un terreau familial favorable. Je dois, sans conteste, non seulement ma foi, mais également sa vivacité, à l’exemple de mes parents et à l’éducation religieuse qu’ils m’ont transmise. Étonnamment, la période de l’adolescence n’est pas un temps de réelle remise en question de cet acquis. Je me rappelle même avoir été parmi les rares élèves du collège jésuite où je faisais mes études secondaires à fréquenter un petit groupe de prière sur le temps de midi. Toutefois, certaines expressions de foi, plutôt exaltées, auxquelles j’ai été confronté à cette époque, ne manquèrent pas de susciter en moi incompréhension et même irritation. Si je n’avais goûté à la tendresse de Dieu à travers la prière, je crois sincèrement que j’aurais mis en sourdine tout ce qui a trait à la religion.
Lorsque vient le temps de choisir des études supérieures, le droit s’impose à moi comme le choix raisonnable par excellence. Il me conduit à l’exercice de la profession d’avocat. Certes, le métier ne manque pas d’intérêt: semer un peu d’Évangile dans le milieu judiciaire n’est pas sans valeur! Mais mon cœur souffre, car une question n’est pas résolue: celle de la vocation!

Jusqu’à mes 23 ou 24 ans, cette question m’effleure à peine. Elle va ensuite jaillir, d’abord imperceptiblement, puis de plus en plus persistante. J’ouvre mon cœur à un prêtre, un religieux, des amis. On me suggère finalement de faire la connaissance d’une communauté nouvelle: la Famille Marie-Jeunesse. La Journée Mondiale de la Jeunesse de Paris en 1997 est l’occasion de la rencontre. Au milieu des centaines de milliers de jeunes rassemblés autour du pape, je découvre avec joie la famille spirituelle qui sera bientôt la mienne. Interpellé par la possibilité de vivre une année sabbatique à Marie-Jeunesse, je quitte ma Belgique natale pour le Québec. Je n’y reviens que cinq ans plus tard, engagé dans la communauté, pour fonder une nouvelle auberge Marie-Jeunesse!

Ce temps d’arrêt, cette Année Pentecôte à l’écoute de l’Esprit Saint, permet à la question vocationnelle de mûrir. Il permet aussi au Seigneur de déverser en moi des flots de grâces: un jardin d’Éden s’épanouit en mon cœur avec des fleurs telles une plus grande liberté intérieure, la joie de l’émerveillement, le bonheur d’un cœur d’enfant qui retrouve vie, la douceur de la fraternité, l’approfondissement de la vie de prière, l’exigence joyeuse de la charité, etc.