« Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit »

« Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit… » : Cette formule nous est certes très familière !
Nous l’entendons bien souvent, que ce soit à l’Eucharistie (en ouverture et lors de la bénédiction finale), aux baptêmes, à la liturgie des Heures (l’invocation conclut chaque psaume)… On voit même des footballeurs se signer avant un match… !
Mais que signifie ce geste ? Qui sont ces trois que l’on invoque ? S’agit-il de trois dieux ?
Cela vous surprendra peut-être que le mot « Trinité » n’apparaît pas dans la Bible.
Dans le Premier Testament, on assiste à une révélation du Dieu d’Israël, le Seigneur, dont le « fils » pourrait bien être son peuple (« … fais sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël » : Ex 3, 10). Quant à l’Esprit, il plane dès la création (« le souffle de Dieu planait à la surface des eaux » : Gn 1, 2) et souffle régulièrement au fil des livres (« je répandrai mon Esprit sur toute chair… » : Jl 3, 1).
Avec le Second Testament, c’est une révolution copernicienne ! Un homme, Jésus, fait sans cesse allusion à son Père, qu’il identifie au Dieu d’Israël. Cette relation privilégiée dont Jésus fait état (« Qui m’a vu a vu le Père » : Jn 14, 9) entraîne tantôt le doute (« Nous savons que Dieu a parlé à Moïse tandis que celui-là, nous ne savons pas d’où il est » : Jn 9, 29), tantôt la foi (« nous croyons que tu es sorti de Dieu » : Jn 16, 30).
L’Esprit-Saint y est également très présent. Avant son départ vers le Père, Jésus a promis la venue de l’Esprit, qui poursuit l’œuvre de Jésus dans le cœur des croyants. Et dans la liturgie, entre l’Ascension et la Pentecôte, nous avons appelé la venue de l’Esprit, pour qu’il vienne en nos cœurs, en nos communautés, sur notre terre… et pour que nous écoutions sa voix.
Ainsi, il ne s’agit pas de trois manifestations successives de Dieu ou de trois dieux simultanés. On n’est pas dans le polythéisme.
En fait, l’annonce d’un Dieu qui est Trinité change tout !
Nous n’adorons pas un Dieu éloigné, solitaire, narcissique, qui se complaît en sa divinité… Non, notre Dieu est Trois ! Une relation unit le Père, le Fils et l’Esprit : une relation d’amour, de don, d’accueil… qu’il veut partager avec nous.
Oui, notre « Dieu est Amour » (1 Jn 4, 16) !
Il a certes créé le monde (« Dieu vit que cela était bon » : Gn 1, 10), mais il ne s’en est pas retiré ensuite pour regagner son ciel… Dieu se soucie de nous, il se fait proche et il l’a exprimé en envoyant son Fils, homme parmi les hommes, pour nous révéler son visage, tout d’amour, de compassion et de bonté. L’envoi de l’Esprit est promesse d’une présence qui ne nous quitte pas, mais nous accompagne, nous inspire les mots et les gestes… pourvu que nous le lui demandions !

En cette fête de la Trinité, tu es invité(e) à contempler ce Dieu qui est relation d’amour, au sein des trois et avec nous… pour que toutes tes relations s’en inspirent.
Et quand tu te signes, tu invites Dieu à être présent en ta vie. Il se réjouit de ce partenariat… mais te laisse libre !
Sr Marie-Jean (bénédictine d’Hurtebise)

Sources des images: Wikipédia

Icône dite de la Trinité d’Andreï Roublev

Abbaye aux-dames Sainte-Trinité (Caen): Ancienne église de la Trinité, aujourd’hui Saint-Gilles – Tympan sculpté par Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume vers 1862. La Trinité représentée sous la forme de trois personnes, entourée par les symboles des quatre évangélistes : saint Matthieu (homme), saint Marc (lion), saint Luc (taureau), saint Jean (aigle).